André CUTZACH
Finales
Biographie
André CUTZACH est le fil d’un courtier en vin et comme tous les jeunes hommes de l’époque il se passionne pour ce tout nouveau sport : le rugby. Licencié à l’ASP, l’ancêtre de l’USAP, il a 19 ans quand il devient champion de France 2e série en battant DÔLE 20 à 5 au stade de COLOMBES. Un avant-goût de l’apothéose qui l’attend trois ans plus tard : le 3 mai 1914, il est le pilier de l’équipe qui bat le STADOCESTE TARBAIS in extremis 8 à 7 à Toulouse pour rapporter à PERPIGNAN sont premier Bouclier de Brennus.
Parallèlement à ses exploits sportifs, il est militaire : engagé chez les cuirassiers à 18 ans. Lorsque la guerre éclate, trois mois jour pour jour après la victoire au stade des Ponts Jumeaux, CUTZACH est sous-officier de cavalerie.
Grièvement blessé à trois reprises pendant le conflit, il est décoré de la médaille militaire le 30 juin 1918. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1920. Il quitte l’armée mais reste officier de réserve. Il devient courtier en vins comme son père avant lui. Et comme PASCOT qui a embrassé également la carrière militaire, CUTZACH est en admiration devant le vainqueur de VERDUN, le maréchal PÉTAIN.
Et arrive la 2e guerre mondiale …
CUTZACH se réengage. Il est nommé Capitaine et commande une compagnie d’accompagnement du 1er Bataillon de Chasseurs Pyrénéens. Il est fait prisonnier lors de l’offensive allemande, le 20 juin 1940 et envoyé dans un oflag. Il est rapatrié en 1921. Maréchaliste convaincu donc, il rejoint la Légion Française des Combattants. En janvier 1942, il est chargé d’organiser le SOL, le Service d’Ordre Légionnaire, des Pyrénées-Orientales. Il combat aussi bien les communistes que les gaullistes, tous les adversaires de la Révolution Nationale de PÉTAIN. Il se plaint à Joseph DARNAND, son supérieur à VICHY, du journal "L’Indépendant" qui ne passe pas ses communiqués ! Le 14 juillet 1942, lorsque des manifestants entonnent la Marseillaise sur la place Arago, il ordonne à ses hommes de « casser la gueule à ces sales Gaullistes ». Début 43, VICHY crée la Milice, une organisation paramilitaire chargée de lutter contre les mouvements « terroristes » de la Résistance en collaboration avec la Gestapo et les forces allemandes. La Milice des Pyrénées-Orientales est créée le 28 février et c’est André CUTZACH qui en prend le commandement. Il revendique d’avoir sous ses ordres des « soldats » sains et disciplinés, au cœur bien trempé et prêts à tous les sacrifices. « Oui la Milice est anti-communiste, anti-libérale, anti-juive, antimaçonnique, antigaulliste, car elle est nationale ! » Il démissionne néanmoins en août, « effrayé, dit-il, par les ordres de répression brutale venus de VICHY ». Il est remplacé par René TEISSEYRE. Une volte-face qui lui permettra sans doute d’échapper à la peine capitale à la Libération.
En septembre 1944, André CUTZACH est condamné aux travaux forcés à perpétuité, sentence qui sera commué en 18 mois de prison et 5 ans d’indignité nationale.
