Ernest Joseph Marie VILA
"Larroque Vannier"
XV de France
Sur le terrain
3 - 12
( Stade du Matin )
Biographie
Ernest VILA est né le 7 juillet 1898 à AUCH (Gers). Il est
le fils de Marie Joseph Théophile, paveur, né le 10 février 1867 à AUCH et
décédé dans cette même ville le 23 janvier 1947.
Sa mère, Marie, née ABADIE à CASTELNAU-MAGNOAC le 4
septembre 1870 est décédée le 17 décembre 1927 à AUCH. Le couple s’est marié le
13 novembre 1893 à AUCH.
Il est le deuxième d’une fratrie de trois enfants :
- sa sœur aînée, Rose Marie Antoinette, est née le 10 juin
1897 à AUCH. Elle décède à l’âge de 15 mois le 7 septembre 1898 dans la même
ville.
- son frère cadet Louis Justin né le 11 novembre 1903 à AUCH.
Ernest VILA effectue ses études à l’Ecole Normale d’AUCH. Il sera élève-maitre lors de son incorporation avant de devenir instituteur avec un premier poste à SAINT-CLAR. Il est incorporé au 14e Régiment d’Infanterie en avril 1917 avant de passer au 113e Régiment d’Infanterie puis dans les 5e, 15e et 17e Régiments du Train.
Lors du premier conflit mondial, il participe à quatre
campagnes. Blessé en mai 1917 en Ariège lors de son instruction, il est cité en septembre
1918 pour acte de courage après avoir dispersé un groupe armé à coups de grenades.
Il sera décoré de la Croix de Guerre et de la Croix du Combattant.
Il débute sa carrière rugbystique au sein du FC AUCH. En
novembre 1922, il est sélectionné avec l’Armagnac-Bigorre et participe à des
rencontres de brassage en vue de composer l’équipe de FRANCE. Les 2 frères VILA
sont sélectionnés en novembre 1923 lors d’une rencontre de sélection à TOULOUSE.
L’aîné des VILA, centre de l’équipe C, affronte le jeune, centre de l’équipe D.
Le duo est prometteur mais un drame va survenir avec le décès
de Louis le 6 avril 1924. Sélectionné avec l’équipe de France militaire pour
affronter l’Armée britannique, il est victime d’une congestion pulmonaire et décède
à l’hôpital Villemin. Il était soldat au 83e Régiment d’Infanterie.
Ernest VILA signe au STADOCESTE TARBAIS en 1925. En juin
1926, il est ailier droit de l’équipe de Province qui bat l’équipe de PARIS au
Stade Olympique sur le score de 28 à 24.
Le 26 décembre 1926, il devient l’international numéro 209
lors d’une rencontre face aux Maoris à COLOMBES au poste d’ailier droit. Le XV
DE FRANCE s’incline 12 à 3.
La presse ne fait pas preuve d’aucune empathie pour sa
prestation.
Octave LERY dans « La Dépêche » du 29 décembre
1926 décrit Ernest VILA comme « manquant de vitesse et d’adresse »,
qualités qui auraient coûté un ou deux essais français. LERY, premier Président
de la FFR de 1920 à 1928, donc encore en activité à la rédaction de son
article, termine par un terrible « Il est certain qu’un trois-quarts
aile doit être, avant tout, extrêmement rapide. Celui qui ne l’est pas doit
être irrémédiablement barré ». Cette dernière phrase signe la fin de
sa carrière internationale.
Charles GONDOUIN n’est pas non plus tendre dans « Match »
du 28 décembre. Il réclame le retour de Marcel BESSON, Edmond VELLAT et Yves
DU-MANOIR.
Ernest VILA est écarté en même temps que Louis DESTARAC, Joseph
SAYROUX, Jean VAYSSE, Pierre SOURGENS.
Ces deux derniers ne reviendront plus non plus en sélection.
En aout 1925, alors qu’il est encore joueur, il se tourne
vers l’arbitrage et devient un arbitre fédéral de grande qualité et très
respecté en raison de sa pédagogie et de sa connaissance très fine du règlement.
En février 1929, il déclarait que les arbitres devaient « imposer leur
personnalité en début de partie. Mes joueurs doivent sentir qu’ils sont dirigés
par une personne supérieure en science de jeu ».
Le 9 mars 1933, à l’issue de la rencontre opposant le STADE
TOULOUSAIN à l’A.S. CARCASSONNE, Ernest VILA annonce sa démission. Conspué tout
au long du match par les carcassonnais qui avaient exercé sur lui une forte
pression quelques jours auparavant, il se retire du corps arbitral. Mais il
reviendra sur sa décision pour quelques mois seulement. En avril 1935, il est à
nouveau victime d’une campagne de presse violente avec des déclarations de
dirigeants du RACING CLUB DE FRANCE, vexés d’une défaite face à VIENNE.
Ernest VILA est considéré comme un des meilleurs arbitres de
sa génération avec Gilbert BRUTUS, Abel MARTIN, Léopold MAILHAN ou Jacques
MUNTZ.
En septembre 1935, Ernest VILA prend en main l’entrainement
du FOOTBALL CLUB AUSCITAIN et intègre la Commission sportive. Également amateur
de tennis, il sera l’organisateur d’un tournoi réputé de la cité gersoise.
Lorsque le deuxième conflit mondial éclate, il s’allie avec
l’industriel Fernand MAUROUX et le vétérinaire Georges DAUBEZE pour former le premier
noyau de la Résistance auscitaine sous le pseudonyme « Larroque Vannier ».
Ernest VILA est rayé de la liste des instituteurs du
département pour son appartenance maçonnique. Il devient alors manutentionnaire
à la carrosserie François DUBOSC à AUCH. Le 12 novembre 1942, lendemain de l’arrivée
des Allemands en zone Sud, il prend le maquis et se cache durant quinze mois
chez un agriculteur militant de BEAUCAIRE-SUR BAÏSE : Alexandre BAURENS.
Il rentre toute fois clandestinement une fois par mois à son domicile rue d’Etigny
à AUCH pour recevoir ses camarades dans sa cave. Il se réfugie ensuite chez le
maire de PESSAN, Auguste SEMPE, membre de la Légion.
Une rafle est opérée au sein de la Résistance auscitaine en
mars 1944 qui implique un chamboulement au sein de la direction du groupe. Un Comité
départemental clandestin de la Libération est constitué. Ernest VILA en devient
le premier Président.
Lors de la Libération d’AUCH, il installe le nouveau préfet
M. DECHRISTE et le secrétaire général de la Préfecture M. SOURIGUERE. Ernest VILA
assure ainsi la transition et le retour à la légalité républicaine, à AUCH et
dans le département.
Après la guerre, il est nommé Inspecteur Départemental de la
Jeunesse et des Sports et sera chroniqueur sportif du Gers Socialiste.
Ernest VILA se lance dans un grand projet : doter le FC
AUCH d’installations dignes d’un club de préfecture avec le Parc des Sports du
Moulias. Le projet est présenté en août 1945 par le maire Jean DUPUY. Un an
plus tard, l’appui d’Ernest VILA et son réseau professionnel approuvent et
financent l’achat du domaine.
Ernest VILA décède subitement le 21 décembre 1950 à l’âge de
52 ans. Il ne verra pas la fin de la réalisation et l’inauguration officielle
du 30 septembre 1956.
Le 1er aout 1928, il avait épousé Georgette Alphonsine
SUBRA, née le 24 avril 1901 et décédée le 18 novembre 1990 à AUCH.
Le stade de LECTOURE porte son nom ainsi qu’une compétition
régionale gersoise dans les années 60. Un complexe sportif porte également son
nom à AUCH.
(sources : recherches FinalesRugby : Histoire d’Auch
et du pays d’Auch – Gallica – Retronews – Geneanet – archives militaires du Gers)
Sélections
France- XV National : int. n° 209 - 1 sélection - MAORIS 1926
- Sélection Armagnac-Bigorre : 1922
Distinction
MILITAIRESParenté ovale
Frère de Louis Justin VILA
AUCH (FC)
TARBES
